Painting in the Contemporary Moment: Pierre Dorion’s Debate Between Figuration and Abstraction

8 Dec

Pierre Dorion, Vestibule (Chambres avec vues), 2000

Montreal Museum of Contemporary Art features a great monographic retrospective this Fall. Quebec born artist Pierre Dorion has been leading a successful painter career, in Canada and abroad, for almost twenty years. MACM initiative to show his work comes second after Montreal Fine Arts Museum, which had already dedicated an exhibition to the artist in 2010. At a time when painting, and all the more figurative painting is often ostracized from contemporary art, it is a brilliant idea to show a painter’s work which relies on the contemporary problematic of perception through representation.

The museum temporary exhibitions space’s walls are literally filled with about 70 large format canvases. Paintings are hanged chronologically, what allows visitors to follow room by room the evolution of Dorion’s work. No doubt he is a skilled painter. The popular reproach to abstract contemporary painters that they might not master classical figuration painting techniques very well doesn’t apply to him: his strategy towards abstraction partly uses the principles of figuration itself.

Indeed, his signature style is photorealist painting with a constant hesitation between figuration and abstraction. History says that he uses to paint from the photographic snapshots he captures during his morning walks around town. It is obvious that Dorion has been leaning towards abstraction since his debut: the exhibition well-conveys this evolution. The total absence of living representation in his paintings is all the more striking as the scenes Dorion depicts are cold minimalist architectural environments: rooms, corridors, walls, windows, doors that get less comprehensible to the eye as the visitor moves forward in the exhibition.

Pierre Dorion, Intérieur (Fenêtre), 2008
Pierre Dorion, Intérieur (Fenêtre), 2008

Dorion also includes specific view angles, depth of field and blurry details in his sceneries, just as a camera’s focus would do. The photographic illusionism works rather well in Dorion’s paintings, but some details that would normally be found in a photograph have voluntarily been omitted by the painter from time to time (shadow is the best example). Also, classical linear perspective is intentionally dismissed by the painter, who is progressively leaning towards visual flatness. Dorion creates through those strategies a discourse between painting and photography, in what Walter Benjamin called the “age of the artwork technological reproducibility”. Many claimed birth of photography as the death of figurative painting, for trying to represent reality was no longer a necessity to painting. Abstract painting emerged in the early 20th century from the double awareness that first, photography was dispossessing painting from its traditional role to represent the Real, and secondly, that attempting to represent the real by any means will always be impossible, for reality relates to subjective perception and specific temporality.

Dorion’s strategy to avoid human figure and to paint figurative yet quite abstract architectural sceneries from photographs is a judicious contribution to this debate. Just like French “Figuration Narrative” painters in the 1960’s, Dorion tried to resist temptation of abstraction in painting, basing his inspiration on photography but also cinema. La chambre verte is probably a reference to François Truffaut’s eponym movie, and the dull artificial lighting in his empty indoor scenes can remind of some fishy B movie. It seems though that Dorion eventually resigned himself to accept total abstraction, as his latest Daniel Buren’s influenced abstract minimalist paintings reveal in the last room of the exhibition.

Pierre Dorion, Gate (The Piers), 2012
Pierre Dorion, Gate (The Piers), 2012

Paradox with Dorion is that although his love for painting is evident, he constantly keeps on questioning its legitimacy as a medium for visual perception. Some will find the surgical precision and cold shades of his deserted canvases anxious, but the uncanny halo that emanates will certainly be attractive to the aware eye.

-Camille J.

 Pierre Dorion is represented by Galerie René Blouin in Montreal.

The exhibition is showing until January 6. Free on Wednesday evenings from 5 to 9pm.

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Arcade Fire, The Suburbs: étapes d’une création graphique

21 Oct

Alors que l’industrie musicale penche depuis quelques années en faveur de la vente et de l’écoute de musique en ligne, la matérialité du disque reste encore séduisante à bien des égards pour les auditeurs, en atteste notamment le récent phénomène de ré-engouement pour les vinyles.

On ne se doute pas forcément de la démarche conceptuelle en amont de la réalisation de la pochette et du livret de paroles que l’on feuillette avec émotion la première fois que l’on insère un CD dans le lecteur. C’est avec un souci de mise en valeur du CD comme artefact à mi-chemin entre tradition et avant-garde  qu’a été réalisé le design graphique du dernier album des Arcade Fire.  Le festival Pop Montréal présentait cet automne une intéressante exposition des coulisses de la création de l’excellent “The Suburbs”, pour lequel le groupe a reçu un Grammy en 2011.

La conception graphique de l’album est le fruit d’une collaboration entre les musiciens, le directeur artistique Vincent Morisset (qui avait déjà produit des contenus multimédias pour les Arcade Fire), la graphiste Caroline Robert et le photographe Gabriel Jones.

1) Inspiration

Le visuel de l’album a été conçu en écho à son thème musical, à savoir la vie et surtout l’adolescence dans les banlieues nord-américaines, où les membres du groupe ont grandi.

En-haut: Régine Chassagne enfant dans la banlieue de Montréal
En-bas: carte postale rétro, illustration des banlieues

Les Frères Butler pendant leur enfance au Texas

La pochette et le livret rendent également hommage à certains médias analogiques moins usités de nos jours: les affiches de films rétro, le tampon à encre, et les cartes QSL, premiers témoins des échanges radiophoniques amateurs. Le grand-père des frères Butler, Alvino Rey, était un de ces passionnés des ondes, considéré comme le pionnier de la guitare “pedal steel”. Il est sans doute une référence musicale essentielle pour Win et Will Butler.

Alvino Rey et ses cartes QSL

Carte postale représentant les Arcade Fire dans un style rétro. Le logo “AF” est inspiré de celui des cartes QSL.

2) Rassemblement du matériel visuel

L’équipe de production est allée faire un reportage (pèlerinage) photographique dans la banlieue natale des frères Butler, à Houston (Texas). Ce sont finalement des façades d’habitations pavillonnaires qui seront retenues pour le thème visuel de la pochette.

Reportage-photo dans les banlieues d’Houston (Tx)

3) Mise en scène

Pour réaliser l’image de couverture de la pochette, plutôt que de superposer les différents éléments de la composition visuelle à l’aide d’un logiciel de montage virtuel, l’équipe de production a choisi le procédé “artisanal” du photo-shoot. Une vieille voiture américaine a été installée dans un garage montréalais, le temps d’une séance photographique. Les photographies des banlieues de Houston étaient projetées sur un écran géant à l’avant de la voiture: la scène a été photographiée à travers le pare-brise arrière. Les prises de vue qui ont été retenues évoquent bien sûr l’esthétique froide des banlieues américaines des années 60 telles qu’elles peuvent être représentées dans certains films, mais aussi l’esthétique du ciné-parc (drive-in theater).

Schéma du photo-shoot d’une voiture rétro devant un écran projetant les photographies des banlieues

Le photo-shoot a eu lieu dans un garage montréalais.

4) Edition graphique

Le travail final de production du livret associe images et paroles des chansons. Les photos des maisons de banlieue ont été colorées à l’ancienne, et les textes des chansons réécrits à la main par Caroline Robert, en s’inspirant de vieilles lettres.

Textes du livret: les paroles des chansons ont été réécrites à la main par la graphiste, inspirée par de vieilles lettres.

Le titre de l’album présent sur la pochette a également été calligraphié à la main par Caroline Robert pour rappeler une affiche de film rétro, selon le souhait de Win Butler. On trouve aussi le logo “AF”, inspiré de celui des cartes QSL, sur la version finale de la pochette.

Calligraphie du titre de l’album, évoquant une affiche de film rétro.

5) “The Suburbs”: un album hybride, entre tradition et modernité

L’idée initiale de Win Butler était que la couverture de la pochette de chaque CD soit unique: au final ce sont huit versions qui ont été commercialisées, rappelant l’idée du “disque-collector”.

Intégralité des huit versions commercialisées

La réutilisation nostalgique de procédés artisanaux pour réaliser les graphismes de l’album a pour écho la volonté conjointe des Arcade Fire et de Vincent Morisset d’incorporer le digital dans la production visuelle de “The Suburbs”. Loin de rejeter le phénomène de virtualisation de la musique, Morisset a conçu ce qu’il nomme une “oeuvre d’art synchronisée” (synchronized artwork) disponible lors du téléchargement de l’album sur internet. Il s’agit d’un contenu visuel associé à chaque morceau en écoute; par exemple les paroles des chansons en temps réel sur l’écran du lecteur mp3. Ce contenu était destiné à être régulièrement mis à jour. Cette idée d’interactivité à l’ère du digital n’est pas nouvelle pour les Arcade Fire: Morisset avait déjà réalisé un vidéoclip interactif destiné au web pour leur précédent album, “Neon Bible”.

-Camille J.

Le jour où j’ai participé à une performance d’art contemporain

10 Jul

Comme beaucoup, la discipline hybride de la performance d’art contemporain me paraît au prime abord assez inaccessible. « Ca ne me rejoint pas », diraient certains. Amorcée dans les années 1960, notamment par le collectif Fluxus aux Etats-Unis puis en Allemagne, la performance est considérée comme un « art vivant », souvent à la croisée de la danse, du théâtre, du chant, de l’installation et de l’art numérique. Controversée, elle touche à des problématiques sociales et individuelles, soulève les tabous culturels. Elle ne se gêne pas pour représenter la nudité, la sexualité, les matières organiques. Parfois drôle, parfois choquante, parfois les deux à la fois.

J’ai récemment pu mettre à l’épreuve ma résistance à ce type de pratique, à travers ma participation volontaire au festival OFF.T.A, qui dure une semaine au mois de mai en marge du Festival d’arts vivants TransAmériques (F.T.A), à Montréal. Censée apporter une aide logistique au déroulement des spectacles, je ne m’attendais pas à faire pendant une demi-journée PARTIE d’une performance, conjointement organisée par l’équipe du OFF.T.A. et du Studio 303. En voici les détails.

Le principe : l’artiste-performeuse canadienne Jess Dobkin a en 2006 lancé pour la première fois son projet de bar à lait maternel. Oui oui, vous avez bien entendu, un BAR A LAIT MATERNEL. Il semble que ce soit en lien avec le vécu de sa propre maternité que Mrs Dobkin ait développé ce concept.

 

copyright Studio 303

Le bar à lait maternel

Mrs Dobkin a, à l’occasion de la version montréalaise de sa performance à l’Usine C, préalablement fait appel à sept jeunes mères-laitières (pardonnez-moi l’expression), riveraines de l’Usine. Elle est allée à leur rencontre chez elles, en vue de récolter le précieux fluide mammaire. Elle leur a également posé les questions qui lui tenaient à cœur par rapport à leur maternité et à la performance à venir (type : dans quel récipient aimeriez-vous que l’on serve votre lait ? En avez-vous déjà goûté vous-même ? A ce sujet, l’une raconte en avoir utilisé avec son mari pour mettre dans leur café un jour de pénurie de lait de vache). La vidéo de ces interviews était présentée lors de la performance, comme élément de réflexion sur la maternité et l’allaitement, ou encore comme pierre d’ancrage de la performance dans le réel afin de permettre aux candidats à la dégustation de rationnaliser leur acte anthropophage.

copyright Studio 303

Un grand bar semi-circulaire avait été installé dans le hall de l’Usine, aménagé pour l’occasion en un salon design et cosy. Les bénévoles étaient chargés d’assister Mrs Dobkin dans le service de ces breuvages humains (qui avaient été pasteurisés et conservés au congélateur en attendant le jour J). Un maître D’, des hôtesses et serveuses s’occupaient d’orienter les curieux et autres amateurs de sensations fortes. J’étais pour ma part hôtesse. Toutes les quinze minutes, un groupe de six personnes environ qui avaient préalablement dû réserver leur place venait s’asseoir au bar pour rencontrer la maîtresse de cérémonie et goûter à un fond de deux différents laits, servis dans des verres à shooter. La prestation a duré quatre heures sans interruption, pendant laquelle Mrs Dobkin a inlassablement raconté des anecdotes maternelles. Des curieux moins courageux s’amassaient autour du comptoir, sous l’oeil des caméras qui donnaient à l’évènement des allures de plateau de télévision. Fait intéressant, je ne me souviens pas avoir vu quelqu’un régurgiter ou devenir livide, ou encore hurler de dégoût après avoir pris la précieuse gorgée de potion magique. Pourtant, Mrs Dobkin répétait à intervalle fixe que les laits étaient subtilement aromatisés : « celui-ci a un goût métallique, celui-là goûte plus fort ».

copyright Studio 303

« celui-ci a un goût métallique, celui-là goûte plus fort »

Le public de ce show à scandale était varié, mais dans l’ensemble assez familial, avec enfants et bébés, peut-être parce que c’était un dimanche. Il était surprenant de constater que ce n’étaient pas nécessairement des esprits aguerris à l’art contemporain qui étaient venus à la performance. A croire que l’expérience du lait maternel est plus de l’ordre de l’attraction liée au vécu personnel que de la performance conceptuelle. Un homme dans la soixantaine m’a confié qu’il n’avait pas été nourri au lait maternel dans l’enfance ; l’émotion était tangible dans son chuchotement. Une femme exerçant la profession d’infirmière affirmait ne voir aucune différence entre du lait de vache, de jument et de femme. Après tout, ce sont toutes des mammifères femelles dotés de deux mamelles.

copyright Studio 303

Là est à la fois la force et la faiblesse de la démarche de Mrs Dobkin. Par l’aspect ludique et interactif, elle a su créer une ouverture au grand public et susciter du lien social autour d’une performance en art contemporain, ce qui n’est pas rien. En ce sens elle s’inscrit dans un contexte d’art participatif, de « happening », bousculant les valeurs et codes culturels. Reste à savoir ce que cette idée originale et peut-être trop hybride cherche véritablement à mettre en valeur d’un point de vue artistique. Réflexion sur le goût, le rapport à la petite enfance, la maternité, la marchandisation du corps, le tabou social ? C’est un exemple intéressant de la confusion qui plane sur l’art contemporain.

-Camille J.

Lettre ouverte à Jean Leloup

13 Jun

Cher Monsieur,

J’ai découvert votre musique en même temps que je découvrais le Québec. Je vous ai été fidèle, sur tous les continents. J’ai fini par retrouver la Belle Province. Depuis, je vous rencontre de temps en temps au détour des rues de la ville. L’un de nous est toujours en déplacement. Ce matin encore je vous croisais alors que j’étais à vélo. Il parait que nous sommes beaucoup de rêveurs sur le globe, j’en suis une. Je n’ai pas encore osé m’arrêter, vous parler, peut-être par peur de découvrir l’homme derrière le musicien. Pourtant, je vous cherche souvent du regard lors de mes escapades bitumineuses.

J’aime votre musique car elle est sincère, fuckée, libertaire, désabusée. Je crois que ce que je préfère c’est le rythme claquant et la poésie de vos mots, associés au délire de vos mélodies obsédantes. Certaines phrases ne me quittent pas, comme un mantra aigre-doux. Je l’avoue, je ne suis pas engagée politiquement, malgré ces temps de crise sociale. Je crois ici me retrouver dans vos textes, révoltés par la misère et la bêtise, choquant avec des histoires terribles et banales à la fois, se laissant parfois aller à imaginer un monde meilleur, mais n’avançant pas de grandes promesses sans lendemain. Vous êtes un porte-parole sans drapeau.

Tantôt loup, tantôt clerc, voyageur et troubadour, vous jouez de masques, brouillez les pistes pour que l’on perde la trace. Jamais tranquille parce que vous êtes musique ; c’est difficile. Vous marquerez l’histoire de la musique québécoise, que cette catégorie vous plaise ou non. Votre usage de la langue réconcilie les deux côtés de l’Atlantique, cligne de l’oeil en direction de l’anglais, tout en rendant hommage de façon admirable à notre belle langue française. Nul n’est immortel, mais votre voix continuera à réveiller les consciences, insuffler le grain de folie nécessaire à l’imagination et au courage d’être soi.

Je vous tire mon chapeau, M. Leloup.

– Camille J.

Papirmasse: art in the mail / an interview with Kirsten McCrea

10 May

copyright Kirsten McCrea

I met young Canadian artist Kirsten McCrea at PAPIER12 Contemporary Art Fair in Montreal (April 13th-15th). She was showing paper-based artworks of her own and of the artists she promotes through her Papirmasse project at Maison Kasini’s gallery stand. I think Papirmasse  is a nice and creative initiative, which deserves to get better known. Kirsten kindly accepted to answer some questions in order to introduce herself and her work. Here are the good words!

-Hi Kirsten! Can you tell us a few words about yourself?

I’m an artist and illustrator with a penchant for pop culture and politics. I also love patterning and, continuing on the “P” theme, founded Papirmasse, an affordable art subscription that sends a monthly art print to people all over the world for only $5 a month ($10 outside of North America). When I’m not working on my own stuff I paint with En Masse and make collage murals with Cease.

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-Why and how did you think of starting Papirmasse?

In 2008 I graduated from Concordia and somehow found myself back in Alberta working at a restaurant. I loved the prints on the walls but could not fathom purchasing art that cost $2,000. I understood why the prints at this restaurant were so expensive – it was because they had many layers, each one applied by the artist. I started thinking that maybe if you took the artists’ hand out of the production process and used machines instead of people to make the print, you could drop the price down – way down. I researched both digital and offset printing technologies and decided that $5 a month (including postage!) would be my price. I’m not doing this to get rich, I’m doing it to help people around the world who love art have the ability to have it in their homes. I think that there are a lot of people like me who enjoy contemporary art very much but are either too busy, too poor, or don’t live in a big city, and therefore don’t get to see enough of it or own it themselves.

-Where does the name “Papirmasse” come from?

Papirmasse is the Dutch word for pulp, a reference to our preferred place in the trenches of popular culture (think pulp novel), as well as the paper we print on. It is pronounced [pap-err-mass].

-How do you find the featured artists?

We have an open submissions policy (see it here: http://papirmasse.com/art/2008/submissions), but, being obsessed with art, there are a lot of artists whose work I have adored for years. I have approached many of them and so far no one has said no to being featured in this project! It’s really wonderful being able to share the work of artists I admire with so many people.

copyright Kirsten McCrea

-What kind of future do you imagine for Papirmasse?

We have the ability for limitless growth. We are really based around the internet – that’s where most people find out about us and where most of our content is based. Besides the physical print that subscribers receive our website features artist and writer interviews (I haven’t mentioned yet that each art print has writing on the back! Stories, poems, essays…), as well as a monthly “sneak peek” of the next month’s artist. We also have a blog where we put all the things that really inspire us: http://papirmasse.tumblr.com/

I would like Papirmasse to grow to a point where we could have some touring exhibitions and readings. At Papier (the art fair in Montreal that just happened) we took the opportunity to show original works by Papirmasse artists. The people we feature are really talented and it was wonderful having the chance to show them off a little. It was great exposure for the artists too.

-Do you have other artistic projects?

Oh yes! I paint and draw every day. Right now I’m working on a series that started with the Television painting (see slideshow above), as well as a follow-up series to ‘Hot Topic’. Hot Topic is a series of 60 paintings featuring feminist icons – I’m in the process of making another 20 this year! I also draw a lot. People in Montreal will be able to see my large drawing (the start of it is pictured here) at Galerie Pangée in the Belgo building for the month of May. Pangée is generously showcasing original works by En Masse artists in a show titled ‘Salon Masse’ that opens April 26. It should be a crazy, and very entertaining, show. If you pop next door to Maison Kasini (#408) you’ll be able to see some screen prints and drawings I made (and you can also check out Papirmasse, which has its Headquarters at Maison Kasini). Right now my website is under construction, but it will be up and running soon: www.hellokirsten.com.

My partner JP King runs Paper Pusher, a print shop that specializes in small-run artist works. We’re always cooking up new projects centred around that. And of course, I am still illustrating to pay the bills, so don’t be surprised if you see my work walk by you on the street on someone’s t-shirt. I like sharing my art with the world and illustration is a great way to do it!

 

Thank you Kirsten!

 

Interview by Camille J. 

Confessions de collectionneurs

1 May

copyright Matière Grise

L’évènement Collectionner, organisé par le réseau montréalais Accès Culture, expose actuellement aux yeux des curieux les collections privées d’art contemporain de neuf collectionneurs québécois, dans les Maisons de la Culture des différents quartiers de la ville.

Cette initiative originale est destinée à populariser l’art actuel auprès du grand public, et éventuellement d’éveiller chez tout un chacun un intérêt pour ce phénomène qui sévit depuis la Renaissance et que certains qualifieraient de « collectionnite aigue ». Les neuf collectionneurs ont ainsi pu organiser eux-mêmes les espaces d’exposition. L’effet produit est l’impression d’entrer dans l’intimité du collectionneur. En quelques instants on est immergé dans le quotidien de celui qui vit tous les jours avec ces œuvres exceptionnellement présentées pour un temps dans le « white cube » d’une galerie d’art.

Afin de compléter la plongée dans cet univers de passionnés, chacun des collectionneurs offre une visite guidée de sa collection d’une durée de deux heures aux amateurs désireux d’en apprendre plus, et de voir les plumes de ces drôles d’oiseaux vivant d’art et d’eau fraîche.

J’ai à cette occasion eu le privilège de rencontrer le couple de collectionneurs montréalais Franck Hénot et Dany Therrien. Leur collection est exposée à la Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal, et la rencontre avec le public était organisée par la jeune association culturelle Productions Matière Grise.

Bien que Franck Hénot soit resté intarissable d’anecdotes et explications sur le pourquoi et le comment de leur collection, les plus discrètes mais sincères confessions de Dany Therrien nous ont laissé percevoir la grande complicité qui les unit dans leur amour des arts visuels. Pourtant, aucun n’est issu d’une famille aguerrie des arts, et leur profession est totalement étrangère au milieu artistique : ils sont propriétaires d’une grande épicerie sur la rue Mont-Royal.

Le désir de collectionner semble au départ venir de Franck, qui dès l’enfance accumulait coquillages et boîtes d’allumettes par centaine. Il achetait son premier tableau à 17 ans, et le cachait chez sa tante par peur de l’incompréhension de sa mère face à l’importante dépense que représentait l’acquisition. Franck et Dany ont fondé leur collection il y a douze ans, lors de leur rencontre. Comme beaucoup de collectionneurs, ils ont commencé par acquérir des oeuvres sur papier, souvent moins onéreuses que des peintures sur toile.

Complètement mordus par le processus de collectionnement, ils se sont souvent endettés pour pouvoir se procurer les artefacts de leurs rêves, et confessent ne s’être acheté leur première voiture neuve que l’année dernière.

copyright Matière Grise

« Nous cherchons tous à nous entourer de choses que l’on aime, qui nous touchent et qui nous sécurisent. À l’arrivée d’une nouvelle pièce, l’excitation est à son comble, l’œuvre devient la star de la maison jusqu’à la prochaine acquisition. »

Leur collection comporte principalement des oeuvres d’artistes québécois des XXe et XXIe siècles, semblant souvent influencés par le mouvement expressionniste abstrait des années 1950. Peintures, dessins, photos et sculptures se côtoient au quotidien dans leur appartement. Il est d’ailleurs étonnant de constater le rapport physique que ces deux collectionneurs entretiennent avec leurs œuvres d’art. Ce sont presque des éléments organiques de leur lieu de vie. Ils apprécient de pouvoir toucher leurs sculptures à leur guise, et veillent à la bonne « cohabitation » des œuvres dans leur intérieur.

Pour Dany et Franck, le choix de l’œuvre relève du coup de cœur : « achetez ce qui vous plait, il n’y a pas de mauvaise acquisition ; et si avec le temps vous aimez finalement moins une œuvre, vous pouvez l’échanger contre une autre œuvre ou la revendre ».

De plus, ils entretiennent souvent une relation privilégiée avec les artistes dont ils possèdent des œuvres. « Les artistes sont tout le contraire des joueurs de hockey, ils vous recevront à bras ouverts dans leur atelier et partageront avec joie leur processus créatif ; vous ferez des rencontres incroyables », affirme Franck.

Selon eux, la relation aux galeristes est également cruciale dans la démarche de collectionnement. En effet, les galeries sont l’intermédiaire essentiel entre les artistes et les collectionneurs. Les Hénot-Therrien connaissent personnellement les propriétaires des galeries montréalaises, et sont régulièrement en contact avec eux pour dénicher de nouvelles œuvres. Franck explique, non sans humour, que pour le collectionneur « un bon galeriste est comme un bon banquier : il faut créer une relation de confiance ».

Quid de leur collection à leur mort ? Comme beaucoup de collectionneurs privés, le couple a fait le choix de léguer leur trésor à une institution muséale, afin d’assurer son intégrité et sa visibilité dans le temps. La collection Hénot-Therrien sera donc léguée d’après testament au Musée de Joliette, au Québec.

La collection Hénot-Therrien est visible jusqu’au 17 juin 2012 à la Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal.

-Camille J. Continue reading

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